Le retour d’Aaron Tshibola en sélection nationale ne laisse personne indifférent. Un an après sa dernière apparition avec les Léopards, le milieu de terrain retrouve le groupe de dans un contexte particulier : celui d’une Coupe du Monde où chaque choix du sélectionneur est scruté, disséqué et parfois contesté.
Convoqué pour remplacer Rocky Bushiri blessé, Tshibola revient au moment où beaucoup l’avaient presque sorti des plans de la sélection. Sa dernière convocation remontait à juin 2024 lors du déplacement à Dakar face au Sénégal (1-1). Depuis, plusieurs rassemblements se sont succédé sans lui, notamment la CAN 2025 au Maroc qu’il a suivie de loin.
Pourtant, derrière cette décision qui alimente les débats chez les supporters, il existe une logique sportive difficile à ignorer.
Depuis son retour à Kilmarnock en janvier dernier, Aaron Tshibola a retrouvé de la continuité. Le milieu congolais a enchaîné quatorze rencontres consécutives, signe d’une condition physique retrouvée et d’une confiance réinstallée. Dans une saison où plusieurs internationaux congolais ont connu des périodes d’irrégularité ou des blessures, cette stabilité a pesé dans la réflexion du staff technique.
Sébastien Desabre, fidèle à sa méthode, privilégie souvent les profils qu’il connaît déjà. Le sélectionneur français accorde une importance particulière à la discipline tactique, à l’expérience du groupe et à la capacité d’un joueur à comprendre rapidement les exigences collectives. Sur ce plan, Tshibola possède un avantage : il maîtrise déjà les principes de jeu des Léopards et a participé à l’aventure de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, où la RDC avait atteint le dernier carré.
C’est précisément là que naît la fracture avec une partie de l’opinion publique. Beaucoup de supporters espéraient voir émerger de nouveaux profils ou estimaient que d’autres joueurs méritaient davantage cette opportunité. Les critiques portent moins sur les qualités intrinsèques de Tshibola que sur la cohérence du timing de son retour après une longue absence.
Mais Desabre semble assumer pleinement son choix. Le technicien français fonctionne rarement sous la pression populaire. Depuis son arrivée à la tête des Léopards, il a toujours défendu l’idée d’un groupe construit sur la confiance et l’équilibre interne plutôt que sur les tendances du moment. En rappelant Tshibola, il envoie aussi un message clair : un joueur performant et impliqué peut réintégrer la sélection, même après plusieurs mois d’absence.
Reste désormais l’essentiel : la réponse du terrain. Car dans une compétition aussi exigeante que la Coupe du Monde, les débats autour des listes disparaissent souvent devant les performances. Aaron Tshibola revient avec une occasion rare de faire taire les doutes et de prouver que son sélectionneur n’a pas misé sur lui par nostalgie, mais par conviction sportive.