Ça y est ! Il n’a pas suffi aux Léopards d’être annoncés favoris dans ces barrages continentaux pour l’emporter. Encore une fois, ils ont su déjouer les pronostics. Après avoir disposé du Cameroun jeudi dernier (0-1), la République démocratique du Congo a réussi, au bout du suspense, à écarter le Nigéria.
Si les Congôais auraient douté encore un peu de la force offensive de ces Nigérians, il leur a fallu plus qu’un avertissement sans frais pour les rafraîchir la mémoire : bien aidé par une déviation de Tuanzebe sur sa frappe, Onyeka profite d’un ballon mal renvoyé par Masuaku pour tromper Mpasi. Première occasion franche du match et premier but pour les Super Eagles. On joue à peine la 3e minute, et les Léopards courent déjà derrière le score (1-0).
Dos au mur, les Léopards ne vont pas abdiquer, moins encore mettre une éternité à réagir, en effet. D’abord une première frappe de Mukau qui passe au dessus (12’), ensuite une maîtrise de jeu d’un groupe qui n’a pas fait preuve de précipitation, bien que par moments les choix n’ont pas suivi. Les intentions sont bonnes dans ce premier quart d’heure, certes, mais derrière, les hommes de Sébastien Desabre n’étaient pas à l’abri de se faire avoir : sur une nouvelle perte de balle de la défense congolaise, Osimhen et Chukweze se gênent au point de penalty, grosse frayeur pour Mpasi et ses coéquipiers (23’).
Elià, l’arbitre, Fayulu, Mbemba
« Tout chemin mène à Rome », dit-on ! Toutes les étapes de ce match mènent à une qualification. Desabre peut proposer avec un nouveau coaching remarquable, l’arbitre peut disposer avec des décisions plus que discutables, mais Elia passe par là pour redonner de l’espoir, avant que Fayulu surgisse à la surprise générale, puis, Mbemba, boucle la boucle.
Lancé en profondeur, dans un exercice de course qu’il affectionne, Bakambu ne s’illustre pas en finisseur, cette fois : excentré, il sert un caviar à Elia, qui ne peut que pousser le ballon au fond. Peu avant de rejoindre les vestiaires, les pendules sont à l’heure (1-1, 32’).
Cette égalité va accompagner les 22 acteurs aux vestiaires. Au retour, les pions offensifs de Sébastien Desabre sont plus tranchants que ceux d’Eric Chelle : en effet, il est clair que dans le jeu, les Léopards sont d’un cran au dessus. Pour valider cette domination, Sébastien Desabre lance Mayele à la place de Bakambu (58’). Mais peu avant ce premier changement, Sadiki est clairement fauché dans la surface, l’arbitre a vraisemblablement des lunettes de soleil. Il n’y a rien, selon lui. Cipenga et Edo Kayembe vont ensuite être lancés, mais la domination de la RDC reste stérile. En tous cas, pas dans le jeu. Le temps réglementaire prend fin et les congolais peuvent nourrir des regrets, certes, mais ils gardent le même rythme pour les prolongations. Michel Ange Balikwisha fait ses débuts en sélection en prenant la place de Mbuku (105’), 3 minutes plus tard, la RDC pense marquer le 2e but, mais l’arbitre estime que Sadiki a commis une faute au moment de dévier son ballon. À l’approche de la séance des tirs au but, Desabre lance Fayulu dans les perches : le coup de maître.
Toujours un nul frustrant (1-1) au bout des prolongations, séance des tirs au but. Une séance pour le moins surprenante, avec les deux premiers penaltys manqués de deux côtés. Mais entre les deux gardiens, Fayulu sera le plus constant, donc le plus décisif, parvenant à arrêter 2 penaltys alors qu’un autre raté était passé au dessus. Encore une fois, comme un symbole, c’est Mbemba, le capitaine, qui a le dernier mot.
Le « demi-dieu » transforme son dernier penalty et envoie les Léopards au Mexique, où ils joueront les barrages intercontinentaux en mars 2026. En attendant, place à la CAN 2025 en décembre prochain !