Face à l’Ouzbékistan, le destin de la République Démocratique du Congo s’est joué sur le banc de touche. Menés et bousculés en première période, les Léopards ont affiché un tout autre visage au retour des vestiaires, métamorphosés par la lecture stratégique parfaite de leur sélectionneur. Sébastien Desabre a une nouvelle fois prouvé sa valeur en orchestrant une véritable transfiguration tactique, transformant une situation grandement compromise en un succès historique.
Le technicien français a d’abord insufflé du sang neuf très tôt en lançant Fiston Mayele dès la 52e minute pour peser sur l’arrière-garde adverse. Mais c’est à la 72e minute, profitant avec malice de la pause fraîcheur, que Desabre a abattu ses cartes maîtresses. En procédant à un triple changement simultané avec les entrées de Meschack Elia, Théo Bongonda et Ngal’ayel Mukau, il a totalement redessiné l’animation de son équipe, injectant la créativité, l’impact et la vitesse qui manquaient cruellement aux siens.
Ce coaching XXL a payé de manière instantanée et spectaculaire. Six minutes seulement après ce triple changement, la magie a opéré. Sur un travaille d’un Meschack Elia survolté, c’est l’autre entrant, Fiston Mayele, qui a surgi pour catapulter le ballon au fond des filets et donner l’avantage à la RDC (2-1). En faisant basculer la rencontre grâce à la connexion directe de ses remplaçants, Desabre a étouffé tactiquement son homologue ouzbek et fait chavirer le Mercedes-Benz Stadium.
Pour parachever son chef-d’œuvre, le sélectionneur a su stabiliser son bloc au moment fort de la pression adverse en bétonnant le couloir gauche avec l’entrée de Joris Kayembe à la 83e minute, avant de voir Yoane Wissa plier définitivement le match (3-1). En impliquant l’ensemble de son groupe avec une telle justesse, Sébastien Desabre n’a pas seulement qualifié la RDC pour les seizièmes de finale, il a également envoyé un signal fort à l’Angleterre en démontrant qu’il disposait d’un banc capable de renverser n’importe quelle montagne.