À 32 ans, Lionel Mpasi-Nzau touchait enfin du doigt le rêve de toute une vie, s’imposer comme titulaire indiscutable dans l’élite du football français sous les couleurs du Havre AC. Auteur d’un début de saison sensationnel, le dernier rempart congolais voit malheureusement sa belle dynamique brutalement freinée dès la 3ᵉ journée de Ligue 1, victime d’une présumée blessure grave au tendon d’Achille qui pourrait l’éloigner des terrains pendant de longs mois.
Ce coup du sort est d’autant plus cruel que le portier de la RDC réalisait des prouesses stratosphériques depuis l’entame du championnat. Véritable muraille sur sa ligne de but, Mpasi enchaînait les prestations XXL. Avec 6 arrêts décisifs face à l’AS Monaco, 5 interventions magistrales contre l’Olympique Lyonnais et pas moins de 7 parades décisives (sur 8 tentatives arrêtées) face au Stade Brestois. Des performances de haut niveau qui prouvaient, semaine après semaine, qu’il avait largement l’étoffe pour régner sur la Ligue 1.


Pourtant, le natif de Meaux n’en est pas à son premier bras de fer avec le destin. Formé à l’école du PSG avant un passage discret par la réserve du Toulouse FC, le portier a goûté à l’amertume du chômage avant de renaître de ses cendres. C’est du côté de Rodez qu’il s’est forgé un mental de guerrier, portant le club ruthénois du National jusqu’en Ligue 2, avant d’enfiler le costume de héros national en hissant les Léopards de la RDC parmi le gotha du football continental.
Si la stupeur domine aujourd’hui chez les supporters du HAC comme dans le cœur des Congolais, enterrer Mpasi serait une grave erreur. Façonné par les épreuves, le dernier rempart des Léopards s’est toujours relevé là où d’autres auraient abdiqué. Sa grinta, son mental d’acier et sa rage de vaincre constituent la plus belle des garanties, ce pépin physique ne sera qu’un détour sur la route de son ascension.
Toute la RDC retient aujourd’hui son souffle dans l’attente du diagnostic final, priant pour retrouver au plus vite son ange gardien. Alors que les Léopards aborderont bientôt des rendez-vous capitaux, l’équipe nationale a plus que jamais besoin de son leadership et de sa poigne de fer. Un obstacle de plus sur son chemin, mais connaissant le bonhomme, le retour ne sera que grandiose.