Le football congolais s’enfonce dans une crise de gouvernance majeure qui ternit gravement l’image de la sélection nationale locale. Malgré leur dévouement lors du dernier Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), les Léopards A’ font face à un mutisme déconcertant concernant le versement de leurs primes.
Ce blocage financier, qui perdure des mois après la compétition, suscite une indignation légitime au sein de l’opinion publique et met en lumière l’amateurisme des instances sportives nationales. Le préjudice financier subi par les athlètes est d’une ampleur sans précédent, avec des arriérés s’élevant à plusieurs dizaines de milliers de dollars par personne.
Le décompte est accablant, chaque joueur attend le versement d’une prime de qualification de 20 000 $, complétée par 15 000 de participation et une gratification présidentielle de 5 000. Si l’on ajoute à cela les 2 500 $ dus en marge du stage de préparation effectué à Dubaï, le total des arriérés par athlète atteint des sommets qui illustrent le mépris des engagements contractuels.
Cette situation délétère ne s’arrête pas aux limites du terrain, puisqu’elle frappe avec la même rigueur l’ensemble du staff technique, complices des efforts fournis sur la scène continentale. L’incapacité des autorités à régulariser cette situation est aujourd’hui qualifiée de véritable « scandale » pour le rayonnement sportif de la République Démocratique du Congo.
Ce flagrant manque de considération pose un problème éthique profond, transformant les ambassadeurs du pays en victimes d’un système de gestion défaillant. Au-delà de la simple question comptable, c’est la motivation des talents locaux qui est directement menacée par ces pratiques archaïques.
Comment exiger un patriotisme sans failles et des performances de haut niveau lorsque les droits les plus élémentaires des professionnels sont bafoués de la sorte ? Ce climat d’incertitude installe un sentiment de trahison qui pourrait, à terme, décourager les meilleurs éléments du championnat national de s’investir pleinement pour défendre les couleurs nationales.
L’heure n’est plus aux promesses, mais à l’action concrète du gouvernement congolais et du ministère des Sports pour éteindre cet incendie médiatique et social. Le règlement immédiat des sommes dues est devenu une condition sine qua non pour restaurer la dignité des sportifs et garantir la sérénité de prochaines échéances internationales. Seule une régularisation totale permettra de tourner cette page sombre et de rebâtir une relation de confiance entre les athlètes et les instances dirigeantes.
Face à l’urgence de la situation, les appels se multiplient pour que le gouvernement congolais, via le ministère des Sports, assume ses responsabilités sans délai. Le paiement immédiat de ces arriérés est désormais perçu comme une étape indispensable pour restaurer la dignité des sportifs et ramener la sérénité au sein du football national. Il y va de la crédibilité du pays.