Le sacre du Sénégal lors de la CAN 2025 au Maroc marque un tournant majeur dans la hiérarchie du football continental. En décrochant leur deuxième étoile, les Lions de la Teranga rejoignent officiellement les Léopards de la République Démocratique du Congo au palmarès historique. Si la fête bat son plein à Dakar, ce succès sénégalais offre un miroir riche en enseignements pour le football congolais, qui attend de retrouver sa gloire d’antan depuis 1974. La première leçon réside dans la stabilité technique, le Sénégal a construit son succès sur la continuité, là où la RDC a souvent souffert des changements fréquents de cap et d’organisation.
L’un des enseignements les plus frappants est la gestion de la formation et de la détection. Le Sénégal a su harmoniser ses talents, issus d’académies d’élite, avec ses binationaux évoluant dans les plus grands championnats européens. Pour la RDC, le défi est de transformer son immense réservoir de talents en une machine collective aussi huilée que celle des Sénégalais. Le triomphe des Fauves sénégalais montre que le talent brut ne suffit plus, il faut une structure fédérale forte capable d’accompagner les joueurs de la base jusqu’au sommet de l’Afrique.


Ensuite, le Sénégal a fait preuve d’une résilience mentale exemplaire tout au long du tournoi. Les Lions n’ont pas seulement gagné par le talent, mais par leur capacité à gérer la pression de grands rendez-vous, notamment après leur nul face à la RDC en poules. Les Léopards, souvent auteurs des parcours séduisants mais inaboutis, doivent s’inspirer de cette culture de la gagne. Apprendre à tuer les matchs et à rester imperméable dans les moments de doute est la différence fondamentale qui sépare aujourd’hui une équipe quart-de-finaliste d’une équipe championne.
Sur le plan administratif, la planification budgétaire et les récompenses annoncées par l’État sénégalais soulignent l’importance d’un soutien institutionnel sans faille. En offrant des primes exceptionnelles et des garanties foncières, le gouvernement sénégalais sécurise l’avenir de ses athlètes et crée un cercle vertueux d’excellence. Pour la RDC, cela rappelle que l’investissement dans le sport ne doit pas être une réaction à la victoire, mais un moteur permanent. Une logistique irréprochable et une motivation financière claire sont des piliers indispensables pour maintenir une équipe au sommet sur la durée.
Enfin, la leçon la plus symbolique est celle de la recherche de l’histoire. En rejoignant la RDC avec deux titres, le Sénégal a prouvé que les records sont faits pour être égalés, puis dépassés. Pour les Léopards, voir une nation rivale atteindre leur niveau de palmarès doit servir de déclic patriotique. La RDC possède l’histoire, le public et le potentiel, elle doit désormais retrouver l’ambition de décrocher cette troisième étoile pour reprendre l’avantage. Le succès du Sénégal n’est pas une fin en soi, mais un défi lancé à toutes les nations historiques de l’Afrique centrale.