L’attente reste longue, tout le monde continue à retenir son soufle, l’histoire peut s’écrire maintenant, il faut y croire. Mais, en dépit de tout, il aurait fallu mettre en place un plan d’actions à suivre à la lettre pour enfin espérer toucher le Graal. Atteindre ce sempiternel objectif, celui de se qualifier à la phase finale de la Coupe du Monde, l’étape ultime qui consacre le parcours international d’un athlète, et crédibilise une nation de football.
Les deux dernières éditions de la Coupe du monde ont laissé un goût amer dans la sélection de la RDC, malheureuse, après avoir échoué deux fois aux portes de la prestigieuse compétition mondiale des Nations. En 2018, la Tunisie a forcé son destin, devant une RDC distraite sur sa pelouse de Kinshasa. Une désillusion inoubliable qui hante encore les esprits de millions de congolais jusqu’à ce jour. Ce soir là, le Congo qui menait (2-0) à 11 minute de l’histoire, s’est vu rejoindre au score (2-2) par les Aigles de Carthage.


Quatre ans après, le scénario est différent mais encore une fois cruel. Les Léopards dominent littéralement le Maroc à Kinshasa mais s’en sortent malheureusement avec un triste match nul (1-1) à domicile. Le verdict devrait se jouer au chaudron du Stade Mohamed V de Casablanca, et c’était la catastrophe. Défaite (4-1)!
Faire différemment les choses !
Sébastien Desabre arrive en septembre 2022, discute avec le gouvernement congolais par le biais du ministre des Sports de l’époque Serge Nkonde Chembo. Ensemble, ils redéfinissent les choses en donnant notamment le plein pouvoir au technicien français, sous l’accord de la Fédération congolaise de football. L’ancien sélectionneur de l’Ouganda veut tout contrôler. Alors, il demande d’occuper également le poste de «Manager» pour tout coordonner. Sans espoir, la RDC dit oui.
Sachant que la destination finale, qui est la participation au mondial 2026, reste un objectif à atteindre, Desabre met en place un cadre de travail derrière un projet de jeu clair. Il commence par recruter des joueurs qui vont entrer dans sa philosophie. Un seul élément au centre de son plan : la concurrence loyale. Il faut mériter pour faire partie du wagon.
Il convoque de nombreux joueurs qui ont rejoint la sélection pour la première fois, mais certains ne sont plus jamais revenus après. On peut citer dans la foulée Salem Mbakata, Tristan Muyumba, Gaétan Laura, Aldo Kalulu, Christian Kinsombi, et bien d’autres, là où peu seulement ont réussi à convaincre comme Joris Kayembe, Axel Tuanzebe, Simon Banza, Grady Diangana etc..
Actuellement, il y’a au moins 10 joueurs ramenés par Sébastien Desabre qui sont directement impliqués dans ce projet mondial 2026. Le sélectionneur des Léopards a réussi à créer une homogénéité dans son groupe, mélangeant anciens, nouveaux, jeunes et vieux qui vivent dans un esprit d’équipe, déterminés à se sacrifier les uns pour les autres pour défendre et honorer dignement le drapeau national.


Au milieu de cette grandiose mission, se placent deux éditions de la Coupe d’Afrique des Nations. La première en 2024 en Côte d’Ivoire a servi à retrouver l’âme d’une sélection jadis affaiblie. Le parcours de la RDC dans cette édition a forcé le respect de beaucoup de nations sur le continent. La RDC a terminé 4e de la compétition en tenant tête aux équipes comme le Maroc, demi-finaliste de la Coupe du monde, en éliminant l’Égypte pour la première fois en 50 ans dans une phase finale de la CAN, et d’énormes sensations contre la Guinée notamment.
Cependant, la seconde édition prévue entre décembre 2025 et janvier 2026 se disputera dans un autre contexte et un état d’esprit particulier, car, en cette période là, les Léopards seront déjà au courant du sort leur réservé par la Coupe du monde 2026 puisque les éliminatoires vont se clôturer déjà au mois d’octobre 2025. Et donc, le parcours à la CAN 2025 dépendra de la motivation après le résultat du mondial.
Toutefois, le grand défi face auquel il faudra faire face, sans négliger d’autres adversaires bien-sûr, s’appelle le «Sénégal». Sans aucun doute, la rencontre entre Léopards et Lions de la Teranga au mois de septembre prochain au Stade des Martyrs sera déterminante pour la suite des qualifications au mondial. Leader du groupe (13 points) à une unité de son poursuivant direct, le Sénégal (12 points), la RD Congo sera face à son histoire à Kinshasa.
D’abord, il faudra commencer par prendre des points devant le Soudan du Sud, avant de jouer le match le plus important de ces 4 dernières années. Une fois cette étape réussie, le voyage au Togo en octobre sera une autre finale à ne pas perdre avant de venir négocier la qualification de manière plus ou moins confortable à Kinshasa, devant son public. Les signaux sont au vert, la RDC a le destin entre ses propres mains.