Dylan Batubinsika : « Ava est congolais comme moi, je me suis senti dans le devoir de l’aider »

Formé au PSG, avec l’une des générations les plus talentueuses de ce club. Dylan, aujourd’hui à Antwerp, répond à toutes les questions sans détour. En passant par la colonie de congolais à Antwerp, son regard sur la sélection et ses objectifs à titre personnel.

 » J’ai tout appris au PSG « 

Dylan Batubinsika

Le PSG

Ayant passé quasiment toute sa formation au PSG, il est très reconnaissant envers l’instruction que le club parisien lui a donn. « J’ai tout appris au PSG« , s’exclame-t-il. Il aura entre autre participé à édition de la Youth League en affrontant des grands centres de formation tels que la Masia du FC Barcelone ou encore l’Ajax d’Amsterdam qui n’aura pas fait dans le détail face au PSG. L’Ajax est le club en jeune qui l’a le plus impressionné : « ils nous ont fracassé 6-3 à l’aller puis 6-2 au retour (rires)« . Dylan partagera également avec nous de nombreuses anecdotes de ces années PSG par exemple certaines concernant Kebano, sa complicité avec d’anciens coéquipiers comme K.Coman, J.Ikoné, Lambese ou Souley Doumbia qui commenteront le live. À plusieurs reprises, il portera le brassard de capitaine et signera son contrat pro, il sera à la recherche de jeu à la fin de sa formation et la Belgique est la solution qui s’ouvre à lui.

Antwerp

À Anvers depuis 3 saisons, Dylan a connu la pluie et le beau temps entre temps de jeu, blessures, matchs européens et situation difficile à cause du manque de matchs. Avec franchise et honnêteté, il nous racontera son premier but en pro lors d’un match européen mais aussi du calvaire pour un défenseur central d’aller s’échauffer en plein match au bord du terrain. Très reconnaissant envers le club, il n’oubliera pas qu’Anterwp lui a permis de jouer professionnel.

« M’bokani c’est la star du club et du championnat »

Dylan s’exprimant sur Dieumerci M’bokani

Bien évidemment, nous avons également longuement parlé de la colonie de congolais présents à Antwerp en passant par l’espoir Gaël Kakudji, la star Dieumerci M’bokani ou encore Jonathan Bolingi qui est une personne qu’il apprécie beaucoup. Mais le moment le plus marquant sans doute est l’anecdote sur Ava Dongo qu’il a beaucoup aidé pour son intégration en Europe, en Belgique et dans la ville d’Anvers, « Ava c’est le frérot« . Au sein du club, Dylan étant congolais s’est senti dans le devoir d’apporter son aide à Ava car il est conscient que ça ne va pas être facile pour lui et il pense également beaucoup de bien de son niveau.

Petite anecdote avec un congolais du championnat belge, Dieumerci N’dongala. Présent dans le live, il demandera à Dylan qu’est ce qu’il lui a fait pour mériter son tacle assassin lors d’une rencontre pendant le championnat (Genk-Antwerp 2018). Dylan en rigolera et expliquera que c’était un peu sévère mais que Dieumerci en avait rajouté. Ce tacle lui coûtera un carton rouge (le seul de sa carrière pro) et des matchs de suspension. Bravo Dylan…

Le Congo

« Le Congo ? Potentiellement parlant, on a l’une des équipes les plus fortes »


Dylan sur le niveau de la sélection

Puis, durant l’interview, nous avons longuement échangé sur le Congo. Dylan a profité pour parler de son amour pour ses origines et qu’il comptait même y aller cet été (avant le virus). Il nous a même montré ses talents en lingala et qu’il mangeait congolais, preuve à l’appui dans son congélateur (Merci la maman de Dylan).

 » Nalingi Congo makasi, naza na peuple congolais na motema « 

Dylan Batubinsika sur son amour pour le Congo

Concernant la sélection, il est conscient qu’avec son temps de jeu réduit en club, pour le moment il ne peut pas être appelé. Lorsqu’il sera performant dans son club, il se penchera sur les questions de sélection car pour lui « quand tu ne joues pas en club, tu ne vas pas sélection« . Il suit attentivement les performances de l’équipe nationale et trouve que nous devons juste trouver une identité. Il confirme aussi que M’bokani et Bolingi lui parlent régulièrement de la sélection et le surnomment déjà l’international congolais. Cet entretien d’environ deux heures se conclura sur des paroles profondes de Dylan, « Nzambe apambola yo, ngai mpe biso nyonso. Mpe tosukola maboko c’est très important! Nalingi Congo makasi, naza na peuple congolais na motema. Vous pouvez m’insulter mais je suis Congolais et j’aime mon pays« .

Cédric Mabwati : Je ne compte pas devenir coach !

S’il a recalé la sélection espagnole et qu’il garde de bons souvenirs de son passage à l’Atlético de Madrid, Cédric Mabwati semble avoir fait une croix sur certaines ambitions quand il aura raccroché les crampons : il ne voudrait pas devenir entraîneur. Dans notre interview via un live Instagram, l’ancien ailier du Bétis Séville nous a également donné son avis sur les jeunes joueurs congolais qui montent en puissance.

La vie après sa carrière

Mabwati n’envisage pas de rester sur un banc de touche, certes, mais après sa carrière, il ne sera pas non plus loin des terrains : « Je ne compte pas devenir coach. En principe, à la fin de ma carrière je devrais m’éloigner du football. Mais j’ai suivi une formation de préparateur physique que je n’ai pas fini aux Etats-Unis. Je pense reprendre avec cette formation. » a confié l’éventuel futur préparateur physique.

« Le Congo a beaucoup de talents… »

Au fil du temps, la sélection nationale voit progressivement des générations se succéder, une occasion à chaque fois de découvrir de nouvelles pépites. A la question de savoir si l’on peut compter sur la jeunesse pour l’avenir de l’équipe, le médaillé de bronze de la CAN 2015 n’a pas balbutié : « Le Congo est bourré de talents. Les jeunes qui sont là sont très forts, ils travaillent bien, même dans leurs clubs. Jouer en équipe nationale n’est pas facile, mais on peut compter sur eux. »

L’équipe type de Cédric Mabwati

Celui dont l’idole est Cristiano Ronaldo, ne pouvait pas finir son interview sans dévoiler son équipe type des Léopards. Dans cette composition, on retrouve celui dont le nom revient dans quasiment tous les 11 idéals des invités de nos précédentes interviews, le légendaire Robert Kidiaba. Le coté nostalgique de Mabwati lui a fait penser à Sadam Ilongo et Matumona Zola Roum, mais il a aussi rendu hommage au goleador Dieumerci Mbokani.

Le 11 : Robert Kidiaba, Issama Mpeko, Chancel Mbemba, Cédric Mongungu, Jean Kasusula, Sadam Ilongo, Trésor Mputu, Matumona Roum, Biscotte Mbala, Trésor Lualua et Dieumerci Mbokani.

Bobó Ungenda : “ Nsengi a été notre sélectionneur en 2012. Avec lui, on a toujours eu du beau football ”

Cité parmi l’un des meilleurs joueurs congolais évoluant dans le championnat angolais (Girabola), Beaubo Ungenda s’est livré à notre média pour nous parler de sa saison, de l’équipe nationale et des problèmes causés par la pandémie du coronavirus sur le plan sportif.

Salut Beaubo, comment vous allez ? Dites-nous comment vous vivez cette période de confinement avec votre famille ?

Salut, tout va bien par la grâce de Dieu, malgré cette période très difficile que nous sommes en train de traverser ; le seul coté positif, c’est d’être tout le temps près de la famille , on essaie de comprendre de mieux en mieux la façon dont nos enfants grandissent et cela nous permet de bien les orienter afin qu’ils soient utiles à la société.

C’est vrai qu’étant sportif de votre rang, rester très longtemps sans jouer, surtout que tout a été arrêté brusquement doit être difficile, comment faites-vous pour rester en forme mentalement et physiquement ?

Mentalement , ce n’est pas du tout facile de se surpasser, mais il faut être très fort en banalisant la situation tout en respectant les consignes barrières… Faire comme si de rien n’était pour ne pas stresser davantage. Écouter les musiques préférées,  jouer aux jeux vidéos etc… sont aussi des options pour ne pas trop y penser…. Physiquement, il faut toujours garder la forme en travaillant chez soi.               

Quelles sont les conséquences (du covid) sur les sportifs après la reprise des championnats?

Les conséquences, il y en aura beaucoup. Entre autres : le manque de rythme, la prise de poids chez certains joueurs qui vont minimiser les séances individuelles.

Le championnat a été arrêté : quelle place occupiez-vous au classement et quel est le sort du club ?

Avec un match en retard, nous étions 2e au classement avec 51 points derrière Petro de Luanda qui avait 54 pts. Mais si on jouait ce match en retard et en cas de victoire, on allait occuper la 1ère place avec le même nombre de points que l’actuel leader. Malgré cet arrêt brusque du championnat, nous jouerons la prochaine ligue des champions Africaine accompagnés de Petro de Luanda, bien évidement.

Avez-vous toujours un contrat avec le Primeiro do Agosto? De combien de temps encore ?

Oui, je suis sous contrat avec le club jusqu’au 30 juin 2021, donc il ne me reste qu’une seule saison.

Vous avez gagné le championnat angolais deux fois avec les Rouges et Noirs de Luanda et vous avez réussi à aider le club à retrouver un bon niveau africain. Que vous reste-il encore à faire?

Petite rectification, j’ai gagné 3 fois de suite la Girabola (championnat angolais ndlr), mais l’équipe est à son 4e sacre consécutif. Lorsque je suis arrivé au club , je m’étais fixé comme objectif de contribuer au projet du club, celui de ramener l’équipe au plus haut niveau du foot Africain. Pour l’instant, je pense que ma part dans le projet est remarquable. Même s’il faut dire la vérité, il me reste un titre majeur au niveau continental que ce soit en Ligue des champions ou coupe de la confédération .

Le championnat angolais, que plusieurs congolais sous-estimaient par moment, vous a façonné et grâce à lui, vous avez réussi à mettre tout le monde d’accord. Quel est le secret ?

Effectivement, à un moment donné, le championnat était sous-estimé suite aux mauvaises prestations des clubs en compétitions africaines. Mais actuellement le respect est revenu grâce notamment aux belles prestations en C1, et cela est le fruit des grands travaux pour arriver à réaliser certains projets du club . Le secret n’est rien d’autre que l’amour du travail, la conscience et surtout la discipline qui est la clé de toute réussite.

Quelles sont les ambitions d’Ungenda? Revenir en RDC ou viser encore un plus loin?

Revenir au pays n’est pas exclu car la vie nous réserve beaucoup de surprises, mais pour l’instant je n’y pense pas trop parce que je vise encore d’autres challenges.

Parlons maintenant de l’équipe nationale de la RDC.

Vous avez été sélectionné plusieurs fois à l’époque de Florent Ibenge, mais vous n’avez pratiquement pas joué les matchs officiels. Comment viviez vous cela?

Étant professionnel, je n’étais ni content, encore moins nerveux contre la décision du staff parce que je savais aussi que mes concurrents au poste étaient des joueurs de haut niveau. Mais je me disais toujours d’être prêt au cas où l’opportunité se présentait… la saisir en mettant tout le monde d’accord.

Vous avez récemment joué votre première CAN en Égypte. Quelle expérience avez-vous découvert ?

J’ai essayé de comprendre le football de haut niveau dans sa préparation avec les joueurs qui s’y sont habitués. En fait, cette fête africaine de foot m’a beaucoup appris non seulement dans ma vie personnelle mais aussi dans ma carrière footballistique.

Comment avez-vous jugé la manière de faire du staff technique de Florent Ibenge ? Professionnelle ou il a encore à apprendre ?

Vous savez dans la vie, on apprend tous les jours peu importe nos diplômes et expériences. J’ai passé un peu de temps avec ce staff et je l’ai trouvé professionnel du peu de moyens qu’il avait, avec de bons entraînements. Mais cela n’exclut pas le fait qu’ils peuvent apprendre encore pour se perfectionner davantage.

L’équipe nationale a un nouvel entraîneur (Nsengi) qui ne vous a pas encore appelé : êtes-vous en contact avec lui? Vous a-t-il garanti une place ?

Garantir une place? non… Mais on s’est parlé quelques jours après sa nomination à la tête de l’équipe. Je l’ai félicité et lui ai souhaité de belles choses. On s’est également parlé avant la présélection de la double confrontation contre l’Angola pour les éliminatoires de la CAN.

Après les deux matchs amicaux joués contre l’Algérie et la Côte d’Ivoire et les deux autres contre la Gambie et le Gabon, quelle lecture avez-vous fait sur le plan tactique ?

D’abord, je connais sa façon de faire les choses puisqu’il (Nsengi) a été notre sélectionneur avec les U23 en 2012. Avec lui, on a eu du beau football… En commençant derrière jusqu’en pointe. À vrai dire, tactiquement j’étais hyper content et surtout avec les nouvelles figures au milieu de terrain qui ont facilité aux attaquants de faire de bons appels pour faire du mal aux défenses adverses.

Croyez-vous que la RDC peut s’en sortir dans cette poule?

Étant optimiste et avec l’équipe que nous avons, sans toutefois sous-estimer nos adversaires qui eux aussi, voudront chercher la qualification, je crois bien qu’on se qualifiera. Mais à condition que tous restions sérieux et conscients de l’importance de ces dernières rencontres.

Un petit message pour tous les congolais qui traversent ce difficile moment de confinement….

Nous traversons une tragédie mondiale due au Covid-19, donc, nous devons respecter les gestes barrières pour mieux combattre cette pandémie tout en restant aussi à la maison pour éviter la propagation à l’étendue du pays.  Je souhaite à tout le monde une bonne santé et que Dieu vous bénisse et vous protège à jamais.

Merci de nous avoir accueilli et nous vous souhaitons une bonne suite pour votre carrière.

Merci à vous Leopard Leader foot , je vous encourage pour tout ce que vous faites pour attirer l’attention des passionnés du foot pendant cette dure période frappée par le Covid-19.  Portez-vous bien !

Francis Kazadi : J’aurais dû être de retour en sélection face à l’Angola

Brillant en club avec le WAC Casablanca, Francis Kazadi est revenu sur son adaptation au Maroc mais également sur la sélection congolaise. Ses performances en club sont suivies par le staff technique.

Sa carrière en club

Passé par Vita, Renaissance et le DCMP, Francis garde un bon souvenir. Il a raconté pas mal d’anecdotes sur ses années à Kinshasa. Malgré son départ un peu brusque « Zadio » assume qu’il n’a pas quitté Vita de la meilleure des manières. Il a toutefois affiché son respect pour le club de Kinshasa, « C’est vrai j’ai fui Vita mais aujourd’hui c’est du passé et j’ai beaucoup de respect pour le club. » Suite à ça, il explique son parcours pour arriver dans le club de Wydad au Maroc, conseillé par Lema Mabidi, ancien joueur du Raja Casablanca. En 4 matchs de championnat, il inscrit 5 buts et en 2 matchs de Champions League, il en inscrit 2. Le congolais a fait des débuts en fanfare et il ne compte pas s’arrêter là ! Plus tard, il se voit dans un autre continent, “ Mon objectif, oui c’est de jouer en Europe ”.

La sélection

Lorsqu’il a appris sa sélection, il était au téléphone avec sa mère ! Et comme il a dit : “ Ibenge m’a appelé, on a parlé et j’ai oublié de continuer la discussion avec ma mère (rires) ”. Une jolie anecdote qui montre que le joueur était impatient de rejoindre les Léopards. Pour ce match amical, il était prêt à mourir sur le terrain. Quand il a commencé le match, il sentait que ça allait bien se passer. “ Après mon match face au Nigeria, j’ai mis tout le monde en confiance ”. Il garde un bon souvenir de sa première sélection avec les Léopards face au Nigeria. Il a même indiqué qu’il aurait pu être là lors du match face à l’Angola. »J’ai été contacté et j’aurais dû être dans la sélection si le Corona n’avait pas frappé« .

La RDC !

“ Je suis le recordman de buts en une édition en Coupe du Congo » retient Francis Kazadi. L’international a souligné que le Congo a beaucoup de talent, “ le Congo a un don comme le Brésil, on est béni ”.

Cédric Mabwati : En 2021, je viendrai à la CAN !

Petit par sa taille mais très talentueux, l’international congolais s’est exprimé à cœur ouvert sur sa carrière.

La formation espagnole

Cédric Mabwati a débuté sa carrière à l’Atlético Madrid, là où il a été formé. Il est revenu sur un match qui l’a marqué. C’est celui face au Réal Madrid, un grand match pour les deux équipes car c’est un derby. Le congolais disputait son premier derby au Santiago Bernabéu et en étant titulaire. “ Le match contre le Réal, je devais le jouer à fond comme tout le monde le regarde” s’exprime t’il. Il en retient de grandes choses de sa formation.

L’équipe nationale !

Ayant été formé en Espagne, le sélectionneur de l’équipe nationale d’Espagne a voulu prendre Cédric Mabwati mais le joueur a refusé. “ Mon choix était clair, j’ai refusé l’Espagne ”. Peu après Florent Ibenge l’a appelé. Très heureux d’avoir Ibenge au téléphone, le joueur démontre sa reconnaissance en disant : “ je remercie le coach de m’avoir donné l’opportunité d’être international ”!

Les bons souvenirs de l’international

Lors de son premier match officiel face au Cameroun, Cédric était très honoré et très heureux de jouer pour ce maillot des Léopards. Il est d’ailleurs revenu sur quelques séquences de sa carrière internationale dont le match face au Congo Brazzaville. Après avoir égalisé 2-2, sur le banc des Léopards, Cédric affirme : “ quand on a mis le 2-2, on s’est dit qu’on allait gagner ”! Le match s’est terminé sur une victoire de nos Léopards sur le score de 4-2. “ Tu peux perdre contre la Côte d’Ivoire, le Cameroun mais jamais contre le Congo Brazza ” clame l’international. Son meilleur souvenir de sa carrière ? “ Mon meilleur souvenir c’est ma médaille à la CAN ”. La dernière fois que le Congo avait ramené une médaille au pays c’était en 1998, l’a précisé l’attaquant congolais.

Tracy Mpati : Devenir Léopard ? Un honneur, pour moi et pour toute ma famille !

Entre le confinement, la situation sportive difficile et ses différents objectifs, Tracy Mpati fait le point sur les aspects plus compliqués de la vie de footballeur professionnel.

Footballeur au physique de marathonien

Tracy Mpati Bibuangu, mieux connu sous le nom de Tracy Mpati, est passé par quelques clubs de la région bruxelloise avant d’exploser à l’Union Saint-Gilloise, en Proximus League (2ème division belge). En effet, sa vitesse, son endurance, son audace et sa clairvoyance ont tapé dans l’œil de plusieurs clubs de D1, mais c’est finalement vers Lokeren que le « marathonien » s’est dirigé, où il parapha un contrat de 3 saisons.

Le 20 avril 2020, suite à de nombreux problèmes financiers, le club du Pays de Waes (région dans laquelle se trouve la ville de Lokeren, ndlr) est déclaré en faillite.

Trois jours plus tard, le club annonce la fusion avec le KSV Tamise (en flamand, KSV Temse) qui donne naissance à un nouvelle structure : le KSC Lokeren-Tamise. Le club évoluera en D2 amateurs (4ème division) et ne pourra conserver aucun joueur professionnel du défunt club Lokeren, pour des raisons sportives mais surtout financières. Cette décision pousse donc les joueurs à trouver une porte de sortie ou, comme Tracy, s’inscrire au chômage en tant que demandeur d’emploi.

Vivre confiné, une opportunité

Suite aux mesures extraordinaires prises pour lutter contre la pandémie de Covid 19, la Belgique est à présent confinée depuis 47 jours. Certains voient cela comme une privation de liberté. D’autres, à l’instar de Tracy, voient le bon côté des choses: « Je dois dire que le confinement se passe bien. J’ai plus de temps à consacrer à ma famille, et cela fait du bien »

Confinement ne veut pas dire se laisser aller, et Tracy l’a bien compris : « Je maintiens la forme; je m’entraîne régulièrement en faisant de la proprioception (ndlr : entraînement qui permet d’optimiser le comportement du joueur dans sa manière de se déplacer, de courir, de frapper dans le ballon,… comme sa capacité à réagir et à anticiper) mais je fais également pas mal de vélo et de course à pied »

Quand il s’agit de discuter de la reprise du football, à nouveau Mpati positive : « Je pense que le championnat belge reprendra durant l’été »

Lokeren, le palier

Il y a 3 ans, Mpati s’est donc lié avec le Sporting Lokeren, constituant pour le défenseur un palier et donc une opportunité de se tester au plus haut niveau belge. « Lorsque j’ai signé, le club était encore en D1. J’ai rapidement pris mes marques et j’ai eu la chance d’être titularisé durant la majeur partie de la saison. Pas mal pour une première au sein de l’élite ! »

Lors d’un match face à Saint-Trond, en fin de saison, alors que son équipe mène 0-1, Tracy est contraint de quitter la pelouse, après avoir senti un craquement au niveau du pied. Quelques jours plus tard, les résultats des examens tombèrent : blessure au tendon d’Achille, nécessitant une opération, qui aura lieu 1 semaine plus tard. « Cette blessure m’a contraint à rester sur la touche durant une grande partie de ma 2ème année au club. Elle a été difficile à accepter car elle est arrivée au moment où je montais en puissance… Ce fût ma première longue absence des terrains »

Il faut relativiser et se dire que Dieu nous évite quelque chose de plus grave

L’opération se passe très bien, s’en suit une longue revalidation : « Ma revalidation s’est très bien passée, j’ai pu retrouver ma mobilité assez rapidement » Durant ces longues semaines, Tracy garde l’esprit positif malgré tout : « Dans ces moments-là, je pense à ce qui serait arrivé si je ne m’étais pas blessé. Peut-être un transfert ? Il faut relativiser et se dire que Dieu nous a protégé d’une chose plus grave »

De retour sur la pelouse après 10 mois d’absence, l’entraîneur (Peter Maes, à l’époque) semblait ne pas avoir confiance en Tracy. « J’ai ressenti ce manque de confiance. J’ai du me battre pour avoir ma place, mais dès que j’étais sur le terrain, mes qualités ont prouvé au coach qu’il avait tord de me laisser de côté »

Relégation et faillite

Malgré l’espoir et l’énergie apportés par les supporters, présents du début à la fin, le club est relégué à l’échelon inférieur : la Proximus League, antichambre de la Jupiler Pro League. « Cette saison ne fut pas évidente : d’abord la relégation, ensuite les salaires impayés… nous n’étions plus payés depuis le mois de janvier ! »

L’entrée du stade Daknam

On la sentait venir, cela devait arriver

L’inquiétude des joueurs concernant l’avenir du club, grandissant de manière exponentielle au fil des jours, avait tout à fait raison d’être puisque le président finit par annoncer la faillite du club, n’ayant pas trouvé d’accord de reprise avec différents investisseurs potentiels. «Nous nous en doutions mais une lueur d’espoir subsistait tout de même, avant que le président nous annonce la faillite, par l’intermédiaire de notre coach. On la sentait venir, cela devait arriver… »

Deux possibilités se présentèrent aux joueurs : trouver au plus vite un club, ou bien s’inscrire au chômage en tant que demandeur d’emploi. « Lors d’une faillite, tous les employés du clubs, qu’importe leur rôle, doivent s’inscrire en tant que demandeurs d’emploi. Ce fut une première pour moi, cela m’a fait bizarre… mais je ne me fais pas de soucis : ça n’est que temporaire ! »

Un avenir incertain

Les difficultés sportives, couplées aux mesures de confinement liées au coronavirus ne facilitent pas les perspectives d’avenir : « Comment je vois l’avenir ? Difficile à dire… J’irai là où le vent m’emmènera ! Avec cette pandémie, il m’est difficile de me projeter » Malgré ces difficultés, Tracy a eu des contacts avec d’autres formations : « J’ai eu des contacts avec l’un ou l’autre club, en Belgique » mais pour l’instant rien de bien concret, donc.

Arrêter le foot ? Même pas en rêve !

Une chose est sûre : rien ni personne n’empêchera Mpati de poursuivre sa carrière de footballeur : « Arrêter le foot ?! Même pas en rêve ! Je crois énormément en mes qualités et j’ai encore quelques belles années devant moi. »

Verrons-nous un jour le Marathonien évoluer en Vodacom Ligue 1 ? Cette éventualité n’est pas si utopique qu’elle n’en a l’air ! « Cette opportunité ne s’est encore jamais présentée de manière concrète, mais pourquoi pas ? Il y a des clubs ambitieux au Congo »

Entre sagesse et force tranquille

Il nous faut chercher premièrement le Royaume et la Justice de Dieu

Conscient qu’il ne sera pas le seul à être impacté par les difficultés sportives et financières des clubs de football, non seulement en Belgique mais aussi à travers le monde, Tracy Mpati tente de rester positif : « Si je devais conseiller les joueurs qui sont dans mon cas, je leur dirais de se relever après chaque chute : le chemin de chacun est préparé. Il faut user de patience, de courage et bien sûr de volonté » et insiste pour ajouter : « Il nous faut chercher premièrement le Royaume et la Justice de Dieu. Je mets Dieu en premier lieu, car sans lui je ne serais pas là aujourd’hui »

L’honneur du Léopard

Bien qu’il suive les aventures de nos Léopards, nous ne pouvons clôturer cette interview sans parler, avec Tracy, d’un éventuel avenir en sélection : « Jouer pour les Léopards ? Ce serait un honneur, pour moi et pour toute la famille ! »