RDC

Belgique : un championnat déserté des congolais

Au fur et à mesure, au fil des années, les congolais du championnat belge et même les binationaux ont déserté la Jupiler Pro League (D1 belge). Beaucoup d’entre eux ont été amenés à des dilemmes, entre le choix du cœur et le choix sportif, en ce qui concerne les sélections nationales.

Néanmoin,s être bercé par deux cultures n’est pas un problème en soit, c’est même très enrichissant. Choisir sa nationalité sportive devient un enjeu difficile que beaucoup des joueurs on du mal à adopter. Pour ces binationaux, la donne est souvent la même, contrebalancée par des « sensibilités différentes ». Par exemple, leurs parents ont émigré depuis le Congo avec la culture du pays, mais le joueur est né en Belgique, et a été formé en étant sélectionné avec les équipes d’âge belges. Si bien qu’à l’heure du choix, outre le choix du cœur qui peut pencher d’un côté comme de l’autre, entre racines ancestrales et pays qui l’a vu grandir, le joueur voit également rentrer en ligne de compte des enjeux sportifs qui peuvent là aussi faire écho dans les deux camps.

Le belgo-congolais Yuri Tielemans qui a choisi de défendre les couleurs de la Belgique.

C’est ainsi que ces dernières années, des noms comme Romelu Lukaku, Vincent Kompany, Christian Benteke, Anthony Vanden Borre, Youri Tielemans, Michy Batshuayi, Jason Denayer, Dedryck Boyata ou Albert Sambi Lokonga ont choisi de porter les couleurs belges, malgré leur origine congolaise. Pour ces joueurs, le choix n’a pas été pris à la légère. Après être passés par toutes les catégories d’âge des équipes nationales belges, après avoir gravi les échelons avec des coéquipiers avec qui l’entente sur le terrain matche depuis tout petit, la continuité jusqu’à l’équipe A s’est vite imposée. Tout en gardant un lien très fort avec la RDC, la plupart d’entre eux garde le contact avec la terre mère en allant soutenir des projets locaux.

L’arrivée de Florent Ibengé à la tête de l’équipe nationale congolaise en août 2014 marque un tournant dans la politique de séduction des binationaux. Sous sa houlette, la sélection fait le pas vers cette diaspora congolaise pour la convaincre d’enfiler la tunique des Léopards. Traditionnellement bienvenus, les Belgo-Congolais sont désormais ardemment courtisés. Voici ce que déclarait le sélectionneur, à la dernière heure, à un journaliste belge un mois à peine après sa prise de fonction :

En Europe, il y a aujourd’hui une génération de jeunes congolais absolument exceptionnels. S’ils reviennent à leurs racines, on pourrait encore être plus compétitifs. Ce qui nous manque surtout ? Les résultats. Quand vous regardez les effectifs des équipes nationales en Belgique ou en France, notamment, vous vous rendez compte que de nombreux Congolais sont repris dans les équipes de jeunes mais tous n’atteindront peut-être pas l’équipe A. Certains, comme Boyata, ont joué un match officiel et puis plus rien. S’il était venu ici, il aurait certainement pu connaître une autre trajectoire. Les joueurs de la sélection sont mes meilleurs ambassadeurs lorsqu’ils rentrent dans leur clubs et racontent les progrès que l’on fait.”

Florent Ibenge coach de la Renaissance Berkane en pleine conférence de presse.

Leon Mukuna restera tout de même le premier à avoir ouvert la voie pour le championnat belge en tant que congolais. En 1957, il débarque à la Gantoise en provenance du Portugal (Sporting portugal) la où il restera trois ans. Le début d’une histoire de neuf ans qui voit Mokuna devenir une star de la compétition. Véritable attraction pour ces Belges du milieu du 20e siècle qui n’ont que très rarement vu des personnes de couleur, il régale les stades avec ses dribbles et sa frappe de balle surpuissante (il est surnommé “Trouet” pour avoir littéralement troué les filets lors d’une rencontre). Mokuna connaît même les honneurs d’être appelé en équipe nationale belge. Certes, ce n’est que l’équipe B mais pour l’époque la reconnaissance est très forte.

Leon Mukuna « TROUET » signant son contrat en 1957 à la Gantoise

Mokuna sert ainsi de précurseur, ouvrant ainsi la voie à 95 joueurs congolais qui sont venus tenter leur chance en Belgique. Avec quelques belles réussites, comme Paul Bonga Bonga, Ali Lukunku, Dieumerci Mbokani, Chancel Mbemba, Christian Luyindama ou encore Merveille Bope Bokadi plus récemment. Ceci place donc la RDC à la 7e place des pays qui fournissent des joueurs au championnat belge. Derrière ces transferts se cachent des connexions bien ancrées sur le marché. Durant cette décennie, un club en particulier s’est distingué en ne comptant pas les allers-retours entre la Belgique et le Congo, il s’agit d’Anderlecht.

Aujourd’hui, il n’y a pas grand chose à signaler en terme de la présence des congolais en Jupiler Pro League. Si Merveille Bope poursuit son aventure ponctuée par des blessures au Standard, nombreux de ses compatriotes sont allés voir ailleurs.

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