Enquête de Thibault

Enquête de Thibault : Zoom sur la Vodacom Ligue 1

La République démocratique du Congo est un pays très vaste, habité par plus de 85 millions d’individus. Néanmoins, bon nombre d’entre-eux se rassemblent dans les stades, devant un poste de télévision ou à côté d’une radio pour suivre les rencontres du championnat de football national : la Vodacom Ligue 1.

Crédits : Vodacom L1

Dénomination sponsorisée

À l’origine, le championnat de football congolais s’appelait « Linafoot » (Ligue Nationale de Football) mais, à l’instar d’autres pays, la fédération congolaise a opté pour la pratique du naming.

Cette opération consiste à attribuer le nom d’une marque, d’un sponsor, à un championnat ou un stade. En échange, la fédération négocie un contrat de parrainage avec ladite société.

À l’heure actuelle, plusieurs pays ont opté pour cette pratique dont notamment la France, avec la Ligue 1 Conforama (détaillant en mobilier), la Belgique, avec la Jupiler Pro League (producteur de bière), ou encore l’Italie, avec la Série A TIM (opérateur de téléphonie mobile).

Vodacom est une entreprise de téléphonie, basée en Afrique du Sud et active en RDC, au Lesotho, en Mozambique et en Tanzanie. Il s’agit d’une filiale détenue à 65% par le groupe Vodafone.

Le 20 mars 2018, Vodacom Congo annonce son partenariat avec la Linafoot, avec à la clé un contrat de sponsoring de 500.000 (cinq cent mille) dollars américains.

D’après les deux parties, ce partenariat vise à développer le football congolais, le rendre accessible et passionnant aux millions d’amoureux congolais du ballon rond, mais également récompenser l’équipe gagnante et primer les meilleurs, en fin de saison, au cours d’une soirée (Vodacom Ligue 1 Awards). Les supporters ne sont cependant pas oubliés : ils ont désormais la possibilité d’acheter les billets pour les matchs à partir de leur smartphone.

Néanmoins, il reste toute fois difficile pour les supporters de regarder les matchs depuis un poste de télévision, les rediffusions étant parfois très compliquées à mettre en place.

Championnat remanié au fil des années

La VL1 est composée de 16 équipes :

⁃ Tout-Puissant Mazembe (Lubumbashi)

⁃ AS Maniema Union (Kindu)

⁃ JS Groupe Bazano (Lubumbashi)

⁃ DC Motema Pembe (Kinshasa)

⁃ AS Vita Club (Kinshasa)

⁃ FC Renaissance (Kinshasa)

⁃ FC Saint-Eloi Lupopo (Lubumbashi)

⁃ AC Rangers (Kinshasa)

⁃ Racing Club Kinshasa (Kinshasa)

⁃ Lubumbashi Sport (Lubumbashi)

⁃ CS Don Bosco (Lubumbashi)

⁃ FC Simba Kamikaze (Kolwezi)

⁃ SM Sanga Balende (Mbuji-Mayi)

⁃ AS Dauphins Noirs (Goma)

⁃ AS Nyuki (Butembo)

⁃ OC Bukavu Dawa (Bukavu)

Le championnat, créé en 1958, a connu au cours de son histoire de nombreuses modifications de fonctionnement.

Crédits : Linafoot

En effet, afin de solutionner le problème de distances et ainsi réduire les coûts de déplacement des équipes, la fédération avait décidé d’instaurer un système de poules, avec une phase finale entre les champions de chaque province.

Ensuite, les hautes instances ont décidé de revenir à un championnat classique, que l’on connaît actuellement.

Le club le plus titré est le Tout-Puissant Mazembe, avec 17 sacres à son actif.

Présence sur les réseaux sociaux

Depuis quelques temps, les clubs congolais prennent exemple sur leurs homologues européens en matière de communication. Les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter représentent un atout majeur dans la course au développement, et les pensionnaires de VL1 l’ont bien compris.

Photos des séances d’entraînement, interviews, annonces officielles, vente en tout genre : les clubs qui, autrefois, n’investissaient que très peu dans la communication, mettent aujourd’hui un point d’honneur à ce sujet.

Communiquer sur les réseaux permet non seulement la diffusion d’informations mais également d’attirer les curieux désireux de mieux connaître une équipe dont ils ont vaguement entendu parler.

L’équipe nationale en porte-drapeau

Les récentes bonnes prestations des Léopards, que ce soit durant la CAN ou le CHAN, ont permis au continent africain et au monde entier de découvrir la richesse footballistique de la RDC.

Beaucoup de joueurs, jusqu’ici encore méconnus, se sont illustrés durant les tournois avec les Léopards et ont attiré les regards des recruteurs des clubs européens.

Cédric Bakambu sous les couleurs congolaises

Aussi, les bons résultats des locaux ont permis aux jeunes joueurs issus des académies de croire en la possibilité de porter, un jour, le maillot Léopard sur leurs épaules.

Tous ces bons résultats ont fait naître un intérêt international pour le football congolais, jusqu’alors méconnu ou encore truffé de préjugés, d’idées reçues.

Des investissements plus réfléchis et plus conséquents

À l’instar de n’importe quel club dans le monde, la réussite est de plus en plus une question de moyens logistiques et financiers.

Néanmoins, force est de constater que les dirigeants des clubs de VL1 investissent de plus en plus dans le bien-être des supporters et des joueurs.

Prenons par exemple le Tout-Puissant Mazembe, club le plus titré du pays, qui dispose d’infrastructures dignes de grands clubs européens. Certains clubs belges ou français, de seconde zone, ne disposent pas (encore) d’équipements de pointe comme c’est le cas en RDC.

Le stade du TP Mazembe

La FECOFA participe également au développement sportif des ses clubs, en étudiant par exemple la pose de surfaces synthétiques, la création de l’option « football-études » dans les écoles,…

Nous pouvons par ailleurs constater que de nombreux sponsors s’intéressent aux clubs de VL1 : Total, MCK, TFM, Breton Goods, Sogam, Adidas, O’Neills,…

Malgré tout, les clubs du milieu et du bas de classement éprouvent des difficultés à assumer les montants nécessaires pour effectuer les déplacements, pour s’équiper correctement et ainsi poursuivre leur développement. Il existe donc une certaine disparité entre les clubs.

L’incomparable ferveur des supporters

Rares sont les clubs qui peuvent se vanter d’avoir des supporters comme le sont les congolais.

Les supporters derrière leur équipe

Ayant la réputation d’être très exigeants à l’égard des joueurs, les fans (de plus en plus nombreux) ont la capacité de mettre une ambiance de feu lors des matchs, au rythme des tambours, vuvuzelas et divers chants d’encouragement.

L’ambiance durant les matchs possède ce côté spécial et festif, qui offre au (télé)spectateur neutre autant de spectacle dans les tribunes que sur le terrain.

Le mot de la fin

Rome ne s’est pas faite en un jour, mais nous sommes sur la bonne voie

Pour conclure, il est un fait sûr et certain qu’une évolution de ce genre demande du temps, de l’énergie de la part des intervenants mais également beaucoup d’argent. La FECOFA espère pouvoir attirer d’autres sponsors et ainsi investir encore plus dans la croissance de la VL1.

Les supporters se doivent d’être patients, Rome ne s’est pas faite en un jour.

Nous sommes sur la bonne voie.

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